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Combien
de copies de "USSR Repertoire"
as-tu vendu ?
Mon
premier album s'est vendu à
25 000 exemplaires et le dernier ("USSR
: Life From The Other Side",
NDLR) à 40 000 exemplaires
environ. Mais ma plus grande joie
est de voyager, de rencontrer des
gens, de voir du pays, je ne veux
pas rester à Londres à
attendre sous la pluie (rires), même
si c'est sympa parfois...
J'ai
vu sur le site de JazzFudge que tu
avais en projet de sortir un album
"Russian Percussion", peux-tu-nous
en dire plus ? En quoi cela va-t-il
consister ?
(Rires).
Je pense que le jour où l'album
sortira
en fait je n'en sais
rien (rires). L'album sortira quand
les Américains auront fini
de déconner. Je ne sais pas,
je pense que cela va prendre pas mal
de temps. On a déjà
fait quelques morceaux en studio ensemble,
mais c'est vraiment difficile, parce
que je suis absorbé par mon
propre album, je suis en train de
le terminer et je travaille aussi
sur celui de Yarah Bravo, une poétesse.
Quand j'aurai fini ces deux albums-là,
on pourra commencer à bosser
sur l'album "Russian Percussion".
Mais je dois d'abord terminer mon
album, c'est une sorte de mission,
ça fait maintenant trois ans
que je suis dessus, alors il faut
vraiment que je le termine, je touche
bientôt au but, il me reste
encore deux mois à peu près.
Ensuite, je pourrai penser à
ce qui va suivre.
Tu
parles de Yarah Bravo, je voulais
savoir si tu connais des noms de femmes
emcees ou dj's ?
Tempa
et C-Mone font partie de Out Da Ville,
à Nottingham, Est'Elle et Wildflower
sont de Londres. En ce qui concerne
les dj's, je pense que c'est assez
symptomatique de toutes les scènes
du monde, il n'y a pas beaucoup de
femmes impliquées dans le Hip
Hop, ou si elles le sont, elles font
partie de l'underground. Ce n'est
pas le cas seulement en Angleterre,
la scène américaine
est beaucoup plus importante et si
tu compares Mc Lyte, Missy Eliott,
Salt'n'Pepa, ou d'autres et que tu
regardes par rapport au nombre d'hommes
qu'il y a, il y a vraiment très
peu de femmes. Je trouve que c'est
dommage, mais je pense que cela est
dû, en partie, à la connerie
de certains emcees, qui sont tellement
sexistes et contre les femmes, qui
les dévalorisent, les gens
les traitent de salopes et de putes.
Mais sinon je ne sais pas pourquoi
les femmes ne veulent pas s'impliquer
plus, peut-être à l'avenir
avec cette scène de poètes
qui émerge, cette nouvelle
scène underground, plus de
femmes s'impliqueront. Pour moi c'est
important d'enregistrer des artistes
féminines, au même titre
que n'importe qui d'autre, homme ou
femme, des Blancs, des Noirs, des
Asiatiques ou des Anglais, peu importe.
Les gens ont souvent une image de
toi comme quelqu'un qui s'intéresse
au Hip Hop de toutes les nationalités,
tu es un peu un ambassadeur du Hip
Hop international, es-tu d'accord
avec cette image ? Est-ce qu'elle
te plaît ?
Oui
(en français). Oui,
elle me plaît bien, je vais
avoir ma propre ambassade (rires).
C'est très sympa.
Qu'est-ce que tu écoutes en
ce moment ?
Je
suis loin de chez moi tellement souvent,
je ne suis jamais à la maison
pour écouter ce que je voudrais,
mais en ce moment j'écoute
pas mal de reggae, Lee Perry, beaucoup
de reggae roots, beaucoup de jazz,
de soul, j'aime bien le dernier album
de Macy Gray. En ce qui concerne le
Hip Hop, c'est un peu mon boulot et
pour être tout à fait
honnête, il n'y a pas grand
chose de bien en ce moment. J'écoute
et je fais du Hip Hop depuis 1984,
ça fait quand même dix-sept
ans, et j'ai l'impression qu'on tourne
un peu en rond, je ne ressens plus
l'énergie de l'époque
où j'écoutais Public
Enemy, quand j'ai écouté
pour la première fois Stetsasonic,
B.D.P. (Boogie Down Productions, NDLR),
LL Cool J ou les Beastie Boys. Il
y a très peu de groupes qui
ont cette énergie-là
aujourd'hui, il y en a quelques-uns
uns mais pas tant que ça. En
1986/87, il y avait au moins une dizaine,
voire une vingtaine de groupes, tous
très différents, chacun
faisait son truc, tu avais Rakim,
KRS One, Chuck D, puis les Jungle
Brothers ont débarqué,
et chacun faisait un truc différent,
il y avait Prince Paul, 2 Live Crew,
NWA. Aujourd'hui tout le monde sonne
pareil, tu vois tout est lisse, il
y a obligatoirement des filles en
bikini dans les clips. La plupart
du temps, les gens te disent que le
Hip Hop est trop simple, et dans un
sens c'est assez vrai. Je pense que
le Hip Hop a besoin de morceaux qu'on
peut jouer en club, des morceaux qui
font bouger le dancefloor. Mais il
a également besoin de quelqu'un
qui expérimente et qui fait
des trucs intéressants, c'est
ce que faisait DJ Premier il y a huit
ou dix ans, quand il a sorti l'album
de Jeru, Group Home, le second album
de Gang Starr, ainsi que le troisième
et le quatrième, il expérimentait
plein de choses, c'était très
intéressant. Quand le Hip Hop
est né, c'était très
différent de tout le reste,
c'était nouveau, une sorte
de contre-culture, il s'inscrivait
contre la culture, c'était
vraiment quelque chose de totalement
nouveau. Un peu comme quand la scène
Hip Hop anglaise ou la scène
française ont explosé,
c'était quelque chose de nouveau
pour ces pays-là. Mais aujourd'hui,
dix ou vingt ans après rien
n'a vraiment changé, le Hip
Hop est devenu une partie de la scène
musicale.
Propos
recueillis par Guizmo - Janvier 2002
Photos
- Guizmo/Hip
Hop Flow Magazine
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